Auteur :
Marin inconnu
15 mars.
Ils m'ont jeté à la mer, avec rien d'autre qu'un radeau pour cercueil. Tout ça pour un maudit perroquet. Une pelle trop lourde, un geste trop sec… et l'oiseau du Capitaine Nîzzu a fini en bouillie. Ma faute.
16 mars.
Le galion a disparu à l'horizon. Le capitaine riait encore quand il m'a lancé ma gourde à moitié vide. "Tiens, pour chanter avec les mouettes", qu'il a dit. Les mouettes rient, elles aussi.
20 mars ?
Le soleil tape. La langue colle. Je vois leurs visages, tous alignés sur le pont, les yeux baissés. Aucun n'a osé me défendre. Peut-être avaient-ils peur de finir comme les mutins… suspendus, livrés aux araignées.
24 mars ?
J'ai commencé à parler au perroquet. Il n'est plus là, mais je le vois. Perché sur le coin du radeau, il me regarde, la tête penchée. Il me dit que Nîzzu a déjà juré ma perte, que la mer ne me laissera pas partir.
??
Les nuits sont pires. Les vagues me soufflent des noms : Île du Croc, Tombe de Sel, la Mer des Larmes. Ce sont des lieux que je n'ai jamais vus. Ou bien peut-être que si ? Ma mémoire fond comme cire.
??
J'ai bu l'eau de mer. Je crois que ça m'a ouvert les yeux. Le perroquet rit avec le capitaine, ils trinquent au Coup fatal. Moi je n'ai rien. Seulement une corde de rechange qui me serre la main.
Jour 120 ??
Le radeau tangue. La mer me tire vers le fond. Le perroquet me dit de la suivre, que Nîzzu m'y attend, qu'un trésor m'appartient. Je n'ai plus peur. J'entends déjà les tambours sous les vagues.
Trouvé par : Obsi (Saison 6 / Partie 2)
Localisation : Radeau dans l'océan froid profond au sud (-316;63;1326).
