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Navigateur inconnu
3 juin.
Le capitaine Nîzzu nous a menés loin, bien loin de toute côte connue. Il prétend que la mer cache plus que des vagues et que le vrai trésor se trouve dans les entrailles du monde.
4 juin.
Aujourd'hui, il a juré encore : « Mon plus précieux, je l'enterrerai ailleurs, avec vous tous, mes frères. Personne ne touchera à ce qui est à moi sans payer de son sang ».
5 juin.
L'équipage tremble. On l'entend dans les messes basses la nuit. Mais aucun n'ose lever la voix. La dernière mutinerie a marqué les esprits.
Les mutins furent suspendus par les pieds au-dessus d'un gouffre noir, livrés aux araignées qui tissaient leurs toiles dans les ombres. Les cris résonnent encore dans ma tête.
Pour nous autres, qui avons survécu à sa colère, la loyauté n'est plus un choix. Le capitaine tient nos vies entre ses mains. Nous restons à bord.
9 juin.
Nous avons creusé si profond que la mer entière aurait pu s'y engouffrer. Le Capitaine Nîzzu jurait que seul le fond du monde pouvait protéger son secret. Ses yeux brillaient comme si la roche elle-même lui obéissait.
23 juin.
Ils ont repris la mer, sans moi, caché sous le sable. Je suis resté sur la plage. Mieux valait dormir sous un palmier que creuser encore, au fond du monde, là où même la lumière refuse d'aller.
24 juin.
Le Capitaine Nîzzu garde son serment : son vrai trésor sera enterré ailleurs, avec tout l'équipage. Ses mots sonnent comme une prière.
avec l'équipage…
26 juin.
J'ai encore l'odeur du venin dans la gorge.
3 août.
Depuis qu'ils sont partis, le vent me parle. La mer me murmure des noms : Le sort du pillard, Camp de l'aileron de requin, le Fort des damnés… Je trace leurs formes sur le sable, mais les vagues rient et les effacent. L'Île du serpent…
6 août.
Je crois voir des flammes vertes danser au large. Elles brillent comme des fanaux de damnés, m'appelant vers l'horizon. Peut-être que j'y ai laissé une partie de mon âme.
29 août.
Les cartes se mélangent dans ma tête. Forteresse du Nid-de-Pie, le Rocher du mutin… Je les dessine encore et encore, mais mes mains tremblent, mes lignes se tordent. Sont-ce mes souvenirs, ou mes songes ?
3 septembre ?
La nuit, j'entends la corne résonner. Aucun souffle humain pourtant. Les esprits se jouent de moi. Ils rient, ils chantent, ils me promettent la mer éternelle. Je bois pour les faire taire, mais la bouteille est presque vide.
4 septembre ?
Le Coup fatal du Capitaine Nîzzu… il brûle la gorge, ronge le ventre, mais il me donne la force de continuer à écrire. C'est tout ce qu'il me reste. Une gorgée encore et les voix s'apaisent.
??
La bouteille est finie. Mes mots aussi. Je n'ai plus de mer, plus de ciel, plus de carte. Seulement cette chaîne rouillée, et le vent qui la balance comme le glas 🔔
Pardonne-moi, Capitaine…
🔔
Trouvé par : Obsi (Saison 6 / Partie 2)
Localisation :
-1239;-199)
